Français de l’étranger : entretien de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, avec "LCI" - Extraits (Paris, 19/05/2020)

Q - Bonjour, Jean-Yves Le Drian, merci beaucoup d’être sur LCI ce matin.

R - Bonjour

Q - Vous êtes ministre de l’Europe, évidemment nous allons reparler de cet accord franco-allemand, peut-il relancer la dynamique européenne, c’est très important ce matin. Mais vous êtes ministre des affaires étrangères, en direct du Quai d’Orsay, merci encore d’être avec nous ce matin.

D’abord, une question sur les frontières, de l’Europe si je puis dire, à l’intérieur de l’Europe. Jean-Yves Le Drian, manifestement, chaque pays aujourd’hui fait ce qu’il veut quand il veut : l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, la Lituanie commencent à rouvrir leurs frontières, ou en tout cas ont fixé des dates et des procédures. Alors, est-ce que c’est, j’allais dire, pardon pour l’expression, open-bar, chacun fait ce qu’il veut, ou bien souhaiteriez-vous qu’il y ait une harmonisation européenne ? Y en aura-t-il une ? Est-ce qu’enfin, la France va rouvrir prochainement ses frontières intra-européennes ? Enfin, ses frontières européennes ?

R - Il faut être très clair sur les questions des frontières. Il y a d’abord les frontières extérieures à l’Union européenne, celles-ci sont fermées et elles resteront fermées ; sauf qu’un Français qui veut revenir dans notre pays, un ressortissant résident qui veut revenir en France peut le faire, sans difficulté, mais un étranger hors Europe ne peut pas rentrer.

À partir de mercredi, nous allons demander au Français qui rentre d’autres pays, hors Europe, qui rentre en France ou qui réside en France, de se soumettre volontairement à une quatorzaine, pour se protéger lui-même, pour protéger ses proches, pour protéger son environnement. Cette initiative sera une initiative autonome, sur la base de la responsabilité personnelle et cette quatorzaine pourra s’effectuer au domicile ou dans le lieu choisi par ce Français qui revient de l’extérieur de l’Union européenne. Pourquoi fait-on cela ? Par cohérence, puisqu’auparavant nous étions confinés, nous ne le sommes plus, et donc il faut se préserver. Cela, c’est pour les frontières extérieures à l’Europe.

Concernant les frontières intra-européennes, dans l’espace européen, j’y ajoute aussi la Grande-Bretagne et ceux qui ne sont pas membres de Schengen, l’ensemble de l’espace européen, là, il n’y a pas de fermeture de notre part, il y a des contrôles qui se font de manière partenariales avec nos pays voisins, pour, à la fois s’assurer qu’il n’y a pas de propagation de ma pandémie, mais des contrôles qui se font de plus en plus souples pour permettre, par exemple, aux travailleurs transfrontaliers d’aller à leur activité, pour permettre, aussi, aux personnels sanitaires de pouvoir bouger, pour permettre à un certain nombre d’acteurs professionnels de pouvoir aller dans leur lieu d’activité. Tout cela se fait sur la base d’un contrôle qui, progressivement sera allégé. Mais ce contrôle se fait de manière partenariale, avec les autres pays voisins et de manière réciproque pour éviter les difficultés et les ambiguïtés.

Il est normal que certains pays aient des postures différentes que d’autres, parce que soit l’épidémie est arrivée plus tôt, je pense à l’Italie, et donc ils ont commencé à déconfiner plus tôt, ils ont donc des mesures différentes. Je pense aussi au Portugal qui est un pays qui n’a pas beaucoup subi la pandémie et donc qui, du coup, peut se sentir très libre d’avoir des frontières totalement ouvertes. Mais les frontières intra-européennes de notre côté ne sont pas fermées.

Ce qu’il faut maintenant, c’est avoir une bonne coordination entre l’ensemble des pays européens pour que, progressivement, on puisse aboutir à la suppression des contrôles, même s’il restera des contrôles en profondeur, à poursuivre dans la durée, tout cela bien sûr, si les normes sanitaires restent les mêmes et s’il n’y a pas de nouveaux risques. Voilà quelle est la situation. Il y a une coordination qui existe, qui progressivement je pense, va s’améliorer. Il faut aussi renforcer, de notre côté, la coordination entre les Européens à l’égard des tiers pour permettre que les quatorzaines puissent s’établir de la meilleure manière dans les différents pays partenaires.

Q - Jean-Yves Le Drian, plusieurs questions pour préciser et pour bien comprendre. Vous avez déjà fait revenir 170 000 Français qui étaient expatriés depuis le début de la crise. Cela n’a pas toujours été simple, c’est fait. D’abord, combien y a-t-il encore de Français qui demandent, et ensuite, vous dites une quatorzaine, mais avec un test ou quatorzaine de toute façon ? C’est-à-dire que quelqu’un qui serait testé positif devra quand même rester en quatorzaine lorsqu’il revient en France, de l’étranger extra européen ? Et enfin, vous comprenez bien ma question sur les frontières intra européennes, quand les Français pourront-ils aller, comme ils aiment le faire quand ils en ont la possibilité, en Espagne, en Italie, etc. ? On sait qu’il y a des contrôles, on sait qu’il y a ceux qui travaillent, par exemple, de l’autre côté de la frontière et qui peuvent passer. Mais voilà, la libre circulation Jean-Yves Le Drian, c’est pour quand ?

R - Je reviens sur vos différentes questions.

Sur les ressortissants français qui étaient, de manière transitoire, de passage à l’étranger, soit qu’ils étaient en vacances, soit qu’ils étaient à l’étranger pour des activités professionnelles, soit pour des activités familiales, nous avons, avec le centre de crise du Quai d’Orsay, mais en partenariat avec Air France en particulier, avec le ministère des transports, permis le retour de 186 000 de nos ressortissants qui étaient résidents provisoires, 186 000 aujourd’hui. C’est un travail énorme et exceptionnel parce que dans beaucoup de pays les frontières étaient fermées, l’espace aérien était fermé, les aéroports étaient parfois fermés, il a fallu donc organiser des vols spécifiques, affréter parfois des vols. C’était un travail gigantesque puisque cela se déroulait dans 140 pays différents.

Globalement, je pense que l’on arrive au terme de cette organisation, de ce mouvement très important, il reste encore quelques situations résiduelles que nous essayons de régler, et il reste encore un problème réel au Maroc

Q - Que vous évaluez à combien ? Il y a combien de Français, là, qui demandent à revenir.

R - Il faut qu’ils se déclarent. C’est assez difficile de dire combien il en reste. Parce qu’au départ, au début de la pandémie, nous avions répertorié 110 000 Français qui voulaient revenir. En fait, on en a rapatrié 186 000 ...

Q - Parce qu’au fur et à mesure, il y en a d’autres qui se déclarent.

R - Donc vous voyez, il faut qu’ils se déclarent. Et il en reste quelques centaines, sauf au Maroc, où il y a un problème particulier dans la mesure où, dans un premier temps, nous avons rapatrié, permis le retour de vacanciers généralement, de 30 000 de nos ressortissants. Parce qu’au Maroc, les autorités marocaines - et je respecte tout à fait leur position - ont, le 13 mars dernier, décidé la fermeture des frontières, la fermeture des aéroports, et l’arrêt de tous les vols des compagnies nationales. Donc il a fallu à chaque fois négocier les vols d’Air France, les vos affrétés que nous avons initiés et permis le retour de 30 000 de nos ressortissants. Ce n’est pas rien.

Il a fallu aussi même faire en sorte que certains reviennent par bateau - je pense aux camping-caristes - et il reste, malheureusement, encore quelques-uns de nos ressortissants qui ne s’étaient pas déclarés au début, parce qu’il y a une partie de nos ressortissants...

Q - On comprend bien que c’est évolutif.

R - ...qui vivent une partie de leur vie au Maroc, et qui se sont aujourd’hui manifestés avec un peu de retard et nous essayons maintenant d’apporter des réponses à ces populations.

Q - Et pour les touristes, Jean-Yves Le Drian...

R - Cela reste un pays encore avec quelques difficultés mais globalement, l’ensemble est à peu près réalisé.

Q - Pour le tourisme, question très...

R - Pour les ressortissants.

Q - Simplement, très rapidement...

R - Alors sur les frontières intérieures, nous avons des accords de réciprocité avec des pays voisins. Et on peut penser que progressivement, le déconfinement aidant et si d’aventure la pandémie ne reprend pas, on va pouvoir aboutir à une remise en question de ces mesures de fermeture. En tous cas, nous, nous y sommes prêts. Nous, nous ne fermons pas nos frontières.

Q - Donc, courant juin ?

R - Nous sommes dans une situation de réciprocité, lorsque cela se pose. Mais nous ne fermons pas nos frontières. Pourquoi ? Parce qu’il y a une vraie homogénéité de situations entre les différents pays européens. Il y a la même action de gestion de la pandémie au niveau des différents pays européens. Et donc, il ne semble pas nécessaire de le faire. Donc je pense que progressivement, à partir du 15 juin, on pourra aboutir à un assouplissement généralisé. En tout cas, c’est ce que je souhaite.

Q - En tout cas, une information ce matin que vous nous donnez : à partir de demain, Jean-Yves Le Drian, toutes les personnes qui arrivent en France et qui viennent de l’extérieur de l’Europe, seront soumises à une quatorzaine. Ce sera la procédure.

R - Volontaire, en faisant appel à leur esprit de responsabilité, à leur civisme, dans le but de protéger, de se protéger eux-mêmes et de protéger les leurs, et de protéger leur environnement.

Q - Et on attend des décisions sur les frontières, courant juin, en fonction de la situation sanitaire. Jean-Yves Le Drian...

R - Mais il importe que nous soyons coordonnés, nous le faisons. Moi, j’ai des relations très régulières avec mon collègue allemand, avec mon collègue italien...

Q - Pour l’instant, ce n’est pas très coordonné...

R - Si, parce qu’il y a une différenciation. Certes, ce que je vous disais, certains pays ont connu la pandémie avant d’autres, d’autres n’ont pas été atteints. Donc, on comprend que chaque pays ait été amené à se confiner de manière plus ou moins rapide, à prendre des mesures plus ou moins fortes. Et progressivement, au fur et à mesure des déconfinements parallèles qui s’exécutent, on arrive à une bonne coordination. Je pense qu’il n’y a pas de difficulté à cela.

Q - Voilà, on verra dans quelques jours. Un accord franco-allemand, Jean-Yves Le Drian, conclu hier, présenté comme historique. Pour la première fois, les Allemands acceptent de s’engager financièrement pour aider les plus touchés par la crise, en mutualisant 500 milliards d’euros. Pour l’instant, c’est à l’échelle franco-allemande, on verra si c’est ratifié. C’est un gros coup politique pour les pro-européens et pour Emmanuel Macron ?

R - Oui, c’est une nouvelle considérable parce que c’est vrai que, au départ, l’Europe a mis un peu de temps à réagir face à la pandémie. Ceci pour plusieurs raisons. D’abord parce que les enjeux de santé ne font pas partie des compétences de l’Union européenne et ce sont des responsabilités d’Etat. Donc, l’Union européenne ne se n’est pas sentie obligatoirement concernée. Ensuite, parce que la pandémie était beaucoup plus grave que ce que l’on imaginait, mais qu’au départ, on ne mesurait pas son ampleur. Enfin parce que la pandémie est arrivée progressivement dans différents Etats et que l’ampleur collective n’a été que tardive. Tout cela a abouti au fait que l’on a pu avoir un peu de retard à l’allumage.

Mais depuis l’Europe s’est bien rattrapée. D’abord en remettant en question des normes et des tabous qui existaient jusqu’à présent, concernant en particulier le pacte de stabilité, concernant les aides aux entreprises, concernant les aides d’Etat. Tout cela a bougé très vite, et puis très vite, la banque centrale européenne a permis d’injecter, de racheter des actifs à hauteur de 750 milliards d’euros, ce qui n’est pas rien. Tout cela a permis au départ d’avoir une initiative forte. Il y a eu depuis les initiatives de l’Eurogroupe, à hauteur de 500 milliards d’euros aussi, qui se rajoutent à tout cela et qui permettent aux Etats et aux entreprises d’avoir des facilités et des liquidités leur permettant de rebondir après la crise.

Tout cela a déjà été acté et donc il y a eu une réaction européenne, à mon avis très forte, après un peu de retard au départ. Et puis maintenant il y a cet électrochoc, parce que personne n’aurait imaginé qu’il y ait un accord franco-allemand pour lever une dette commune au niveau de l’Union européenne, collectivement, et pour que cette dette puisse se traduire, en termes budgétaires, auprès des régions et des pays les plus touchés. Donc il y a une forme de solidarité européenne qui s’est manifestée.

Q - Qu’est-ce qui a fait changer de pied ? Qu’est-ce qui a été décisif pour Berlin ?

R - Il faudrait le demander aux Allemands, mais je pense que l’intérêt collectif de l’Union européenne, c’est de sortir ensemble. Et que l’intérêt collectif de l’Union européenne, c’est de faire en sorte que ceux qui sont les plus touchés puissent repartir assez rapidement parce que ça sert à tout le monde.

Q - Mais Angela Merkel l’a compris, a compris qu’elle ne pouvait pas se mettre en dehors de l’Europe ?

R - La solidarité...

Q - Angela Merkel a compris qu’elle ne pouvait pas....

R - Je pense que l’initiative franco-allemande est un vrai électrochoc, qui montre que l’Europe dans les moments de crise, sait se dépasser, et sait retrouver le chemin de l’unité, de la solidarité, mais aussi de la souveraineté. Cela me fait penser un peu à la déclaration Schuman d’il y a 70 ans où les ministres allemand et français à l’époque ont dit : voilà, nous mettons notre charbon et notre acier à la disposition des uns et des autres, pour ceux qui veulent bien venir, pour agir ensemble pour avoir une unité de la production de l’acier et du charbon sur l’ensemble de l’Europe. C’était peut-être une utopie à ce moment-là, en 1950, mais c’est devenu la réalité. Eh bien, là, dans cette initiative, qui n’est pour l’instant qu’une initiative franco-allemande, qui devra maintenant être partagée, il y a une volonté de la part des Européens, singulièrement du président Macron et de Mme Merkel, de dire : oui, l’Europe sait jouer son destin à la faveur de cette crise malheureuse mais sait s’engager dans l’avenir.

Parce qu’il n’y a pas que l’engagement des 500 milliards, il y a aussi le fait que l’Europe, dans cette déclaration franco-allemande, pourrait dire : l’enjeu sanitaire nous appartient. Il faut que nous soyons ensemble capables d’analyses communes, de protocoles communs et de productions communes de vaccins ou de traitements, parce que c’est un des enjeux des quatre piliers de la déclaration commune d’hier. Et puis l’initiative franco-allemande dit aussi : il faut que l’Europe soit au rendez-vous de sa souveraineté, donc qu’elle soit capable de relocaliser des éléments de la chaîne de valeur qui concernent sa souveraineté ; que ce soit la souveraineté sanitaire, que ce soit la souveraineté alimentaire, que ce soit la souveraineté numérique. Finalement, dans cette initiative, on sort de la naïveté.

Q - Mais, Jean-Yves Le Drian, très vite, j’ai encore beaucoup de questions, donc si c’est possible d’être bref. Marine Le Pen fait une interprétation totalement différente. Elle dit qu’au contraire on va payer encore plus pour l’Europe et qu’au contraire c’est encore une perte de souveraineté. Première question : comment vous analysez cette réaction anti-européenne, enfin d’un parti anti-européen ? Et d’autre part, est-ce que l’élan franco-allemand va être irrésistible pour les autres pays ? Est-ce que vous êtes sûr, notamment on parle beaucoup des Pays-Bas, qu’ils vont signer, qu’ils vont dire oui à cet accord ?

R - Je pense que c’est l’intérêt de l’ensemble des pays européens que de souscrire à cette orientation parce chacun de ces pays vit lui-même la crise économique et la crise sanitaire et que, s’il n’y a pas un élan collectif d’affirmation de souveraineté et de solidarité, personne ne pourra s’en sortir tout seul.

Donc, je crois que la raison va l’emporter. Mais vous voyez bien qu’il y a encore quelques jours on n’imaginait pas que cela fût possible, que l’Allemagne allait pouvoir bouger, que la France aussi allait pouvoir bouger et que la relation franco-allemande, qui a toujours été le moteur de l’action européenne, allait prendre cette dimension et cette volonté.

Q - C’est un coup dur pour les anti-européens ?

R - Dans la situation mondiale que nous connaissons, y compris pendant cette crise sanitaire, on voit se renforcer la compétition entre puissances. Cette compétition entre puissances qui existait antérieurement n’a fait que se renforcer pendant la crise - vous voyez, en particulier, l’affrontement entre la Chine et les Etats-Unis - et on ne peut laisser l’Europe regarder les trains. Et la force de l’Europe, c’est d’affirmer son identité et sa souveraineté dans cette situation, pour éviter d’être le théâtre ou l’observateur, ou la victime des compétitions de puissances qui se déroulent actuellement. Donc, je pense que la souveraineté, c’est la force de l’Europe de demain et l’initiative franco-allemande y contribuera.

Q - Précisément, vous aviez dit il y a quelques jours, quelques semaines : ma crainte, c’est que le monde d’après ressemble furieusement au monde d’avant mais en pire. Jean-Yves Le Drian, l’annonce par Sanofi qu’ils pourraient réserver ses vaccins aux Américains parce que Trump a mis de l’argent sur la table et qu’il exige en contrepartie l’exclusivité, en tout cas la priorité, pardon, la priorité. C’est cela le monde d’avant en pire ?

R - Oui, c’est un peu ce que je décrivais il y a un instant. C’est-à-dire que si on laisse les choses se faire sans initiatives, on assistera à un renforcement de la compétition entre puissances et, à ce moment-là, l’Europe et la France ne seraient que des observateurs.

Mais, dans cette affaire de vaccins et de traitements, je pense qu’il faut être très clair : l’Union européenne a pris une initiative très forte qu’on appelle Initiative ACTA, qui, sous l’impulsion du président Macron et sous l’impulsion de la présidente de la Commission européenne von der Leyen, a permis de mobiliser plus de 7 milliards d’euros afin de renforcer la recherche sur les traitements et sur les vaccins.

Mais nous considérons que cette mobilisation financière n’a de sens que si les vaccins et les traitements soient reconnus comme un bien public mondial, un bien public commun parce que, si on laisse la recherche sur le vaccin et la diffusion des vaccins uniquement dans la compétition marchande, alors on ne s’en sortira pas. C’est une question de morale mais c’est aussi une question d’efficacité, parce que, à ce moment-là, seuls ceux qui ont de l’argent, ceux qui ont pu investir dans telle ou telle entreprise pourront sortir de la pandémie. Mais la pandémie ne s’arrêtera pas pour autant parce que ce ne sera pas une action universelle.

Donc, nous sommes sur la logique de l’affirmation de vaccins comme bien commun, comme bien mondial commun, comme bien public, pour qu’il soit sorti de la logique marchande, qu’il y ait, effectivement, une mutualisation des brevets, qu’il y ait effectivement une diffusion universelle rapide, qu’il y ait une production massive. C’est cela l’enjeu de demain et c’est sur cet enjeu-là, aussi, que l’Union européenne s’est mobilisée.

Q - Et vous êtes actif sur cette diplomatie sanitaire, on va dire. Jean-Yves Le Drian, très rapidement, deux questions, je vous demande deux réponses brèves. Elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre.

Nous avons toujours une otage au Sahel, Sophie Pétronin, depuis fin 2016, décembre 2016. D’abord, est-ce que vous confirmez que vous avez eu récemment une preuve de vie de Sophie Pétronin ? Est-ce qu’elle va mieux ?

R - Je suis désolé, Elizabeth Martichoux, vous me connaissez depuis longtemps, j’ai eu affaire à de nombreuses affaires d’otages et je ne me suis jamais exprimé sur ces sujets pour préserver leur propre sécurité.

Q - Est-ce qu’elle va mieux ?

R - Je vais vous redire que je ne me suis jamais exprimé sur ces sujets pour préserver leur sécurité.

(...)./.
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publié le 20/05/2020

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